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4èmes Journées des 

Grands Voyageurs

 

25-26 septembre 2020

 

 

    Pour la 4ème année, l’association Alexandra David-Néel présente un programme varié autour des Grands Voyageurs, un événement placé sous le thème « Cinéma et photographies ».

     Notre partenariat demeure avec le Centre culturel de la Ville de Digne, l’association des Rencontres cinématographiques et avec Ciné Toiles.

 

Au programme :

     Une tibétologue professeur à l’Inalco pour présenter un film tibétain d’émotion et d’humanité ;

     deux grands voyageurs écrivains, cinéastes et photographes, pour nous donner le désir de la découverte de ces pays lointains et des vraies rencontres humaines ;

     une artiste metteur en scène et comédienne pour un spectacle qui nous faire revivre la Femme aux semelles de vent.

 

Nous serons heureux de partager ces moments passionnants avec vous !

 

Pensez à réserver vos places pour le samedi auprès de l’association :

04 92 31 28 08 ou association.davidneel@gmail.com

 

programme complet ci-dessous

JOURNEES DES GRANDS VOYAGEURS 2020.pdf
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Des femmes pionnières

 

Nellie BLY, Le tour du monde en 72 jours.

 

Nellie BLY (Elisabeth Jane Cochrane, dite Nellie Bly), 1864-1922, est une journaliste américaine, au New-York World, pionnière du reportage clandestin, et qui est la première femme à avoir réalisé un tour du monde sans être accompagné par un homme.

 

Un dimanche, à cours d’idée pour un nouveau sujet, elle décide de faire le tour du monde ayant la certitude de faire mieux que le héros de Jules Verne Phileas Fogg (Le Tour du monde en 80 jours).

 

Avant de partir Nellie Bly se rend chez le couturier Ghormley : « Je veux une robe pour ce soir. Une robe que je puisse porter tous les jours pendant trois mois » : elle choisit un drap bleu et un tartan (étoffe de laine à carreaux de couleurs) en poil de chameau. Chez un autre tailleur elle commande une robe légère pour les pays où l’été serait déjà arrivé. Elle achète ensuite un plaid et un sac avec la ferme intention d’y serrer tous mes effets de voyage.

 

Photo ci-dessus Nellie Bly vers 1890

 

Photo à droite, prise juste avant son départ en 1889

 

Elle part donc des États-Unis et exige de s’arrêter à Amiens pour rencontrer Jules Verne.

« Le regard vif de Jules Verne rayonna sur moi avec bienveillance et Mme Verne me salua comme si nous nous connaissions depuis toujours. Il n’y avait là rien de solennel, mais une franche cordialité exprimée avec tant de grâce que quelques minutes en leur compagnie leur suffirent à gagner mon amitié ».

 

Tout au long de son voyage, elle raconte au jour le jour ses découvertes, son aventure… Le Journal les publie et le monde se passionne pour cette aventure et on parie même sur sa réussite.

 

L’arrivée de Nellie Bly est un triomphe : Je n’ai de ma traversée du continent [américain] qu’un souvenir confus d’accueils joyeux, d’encouragements, de télégrammes de félicitations, de fruits, de fleurs, d’acclamation, de hourras et de poignées de main. […] Une escorte digne d’une reine. Mes compatriotes étaient très fiers que ce fut l’une des leurs qui ait relevé pareil défi.

 

A Chicago, elle reçoit un câble qui la fait rosir de plaisir : « Monsieur et Madame Jules Verne adressent leurs sincères félicitations à la jeune et intrépide Miss Nellie Bly ».

 

Ainsi du 14 novembre 1889 au 25 janvier 1890, elle aura parcouru 40 070 km en 72 jours, 6 heures, 11 minutes, 14 secondes.

 

Articles de presse, affiches, livre et même un jeu lui sont consacrés.

Le jeu « Autour du monde avec Nellie Bly [in : Le Tour du monde en 72 jours. Un reportage de Nellie Bly, éditions du sous-sol, 2016]

 

Instructions : nombre de joueurs illimité. On avance avec des dés ; respecter les indications inscrites sur les cases (retourner un jour en arrière, passer son tour etc.). Le but du jeu est d’arriver le premier à New-York.

 

 

Mardi 25 août 2020

à partir de 15 H

 

À l’Espace Alexandra David-Néel

À Digne-les-Bains

 

Dédicace du tome 4 de la bande dessinée par

Fred Campoy,

Scénariste et dessinateur

 

« Une vie avec Alexandra David-Néel »

 

Ces BD relatent la vie d'Alexandra David-Néel à partir du livre de Marie-Madeleine Peyronnet Dix ans avec Alexandra David-Néel.

 

 

ALEXANDRA DAVID-NÉEL CANTATRICE

Le Thaïs de Jules Massenet

 

Alexandra David-Néel aimait particulièrement cet opéra qu’elle n’a apparemment jamais chanté même si partition et livret figurent dans ses archives. En revanche, c’est le morceau de choix qu’elle choisit pour l’héroïne de son roman Le Grand art, opéra qui lui apportera son succès à la fin du roman après de nombreuses épreuves malheureuses :

 

« Sur le seuil du palais de Nicias, dominant la foule du haut des degrés d'un geste hardi, j'avais ouvert mon manteau et j'apparaissais en l'éblouissement de ma nudité à peine dissimulée sous le voile étincelant. Dans ce public de choix, habitué aux retenues mondaines, ce fut presque un cri à la brusque apparition de la vision de péché que chacun évoquait en son cœur et, violente, farouche, j'eus la sensation de tous les désirs exaspérés se ruant vers cette chair vêtue d'or, cette chair de luxe, la courtisane glorieuse s'érigeant en idole dans le temple du Grand Art à Paris, comme à Alexandrie : comme Thaïs !

La toile tomba au milieu des applaudissements. Quatre fois je revins saluer. »

 

L'œuvre est tirée du roman éponyme d'Anatole France. L'histoire se passe à Alexandrie au IVe siècle. Athanaël, un moine, tente de convertir au christianisme Thaïs, courtisane et prêtresse païenne vouée à Vénus. Il y parvient, mais la jeune femme décide de se retirer du monde et de vivre dans un couvent où elle meurt heureuse. Le moine, lui, comprend que ses sentiments envers Thaïs étaient teintés d'amour charnel. Il finit par renier sa foi à l'inverse de Thaïs.

 

Vous pouvez acquérir le roman d’Alexandra David-Néel Le Grand Art, publié en 2018 pour la première fois, soit à l’Espace Alexandra David-Néel , 5 Bd Thiers à Digne-les-Bains, soit à notre boutique en ligne : boutique-tibétaine-alexandra-david-neel.com

 

 

Dans une caverne près de Thangu*, Alexandra étudie le tibétain et sa philosophie, et… se met au régime ascétique !

 

D'une caverne près de Thangu, 2 novembre 1914: 

 

« Quelques lignes seulement, un courrier du maharadjah est venu m'apporter du pain, des bougies et des journaux et repart, j'en profite pour envoyer ce mot à la poste.

Je suis à jouer la femme de la période quaternaire dans un abri de roche dont l'entrée est pourvue d'un mur en pierre sèche et d'une porte primitive. Après les grands froids endurés au Thibet je me trouve là presque chaudement. L'altitude de ma caverne est d'environ 4 000 m sur un flanc de montagne escarpé et merveilleusement ensoleillé. Nous n'avons eu que deux jours de neige depuis que nous sommes ici, mes serviteurs et moi, mais toutes les montagnes en face, côté nord, sont blanches. Je me porte très bien, j'ai considérablement maigri, effet du froid et d'un régime ascétique (un seul repas par jour - la tasse de chocolat du matin et le thé au lait du soir exceptés). Je me réjouis de ce résultat, car je devenais ridicule. Je n'oserais pas encore me déclarer mince, il s'en faut, mais mes proportions sont devenues plus raisonnables et je me trouve infiniment plus alerte. Je pioche ferme le tibétain et viens de me décider à passer l'hiver à Lachen dans le monastère dont le yogi, dont je suis actuellement l'hôte, est le chef. »

 

Le 3e Lachen Gomchen Rinpoché (1867-1947)

[maître et ami d’Alexandra] devant son ermitage vers 1915

(Wikipédia)

Quelques jours plus tard en novembre 1914

 

«  [...] Je suis toujours dans ma caverne, le grand lama qui a bien voulu m'admettre à partager sa montagne et à être mon professeur de langue et de philosophie tibétaines se montre d'une extrême bonté pour moi, me pourvoyant de beurre de yack, de lait, de fruits. Cela fait, par exemple, il est exigeant en ce qui concerne l'étude, il me pousse comme un cheval de course et réclame une obéissance absolue. Je la lui ai d'ailleurs spontanément offerte, connaissant les coutumes de l'Orient à ce sujet. Le résultat est excellent. J'ai plus appris ici en quinze jours qu'en un an à Gangtok. »

« Cette rude vie me plaît. »

 

[extraits de lettres d’ADN à Philippe Néel]

 

 

*Thangu se trouve à 30 km de Lachen, au Sikkim, à une altitude de 4000m. Durant les mois de mai et juin cette vallée est tapissée de fleurs alpines qui sont remplacées par la neige d’octobre à mars.

east-himalaya. Kanchenjunga from Dzongri

Les animaux ont-ils une âme ?

 

 

Tandis qu’Alexandra David-Néel se trouve en 1912 à Pakyong (au Sikkim), elle raconte dans une lettre à son mari cette histoire qu’elle tient de son « maître d’école » qui lui narre l’enfance de son poète favori MILAREPA * :

« Tout cela est miraculeux, merveilleux, prodigieux à souhait » souligne-t-elle.

Il s’agit d’un tueur de l'abattoir qui a occis des tas de moutons :

« Un jour, prêt à abattre le dernier du lot de la journée, il voit l'animal essayer, avec ses petites pattes liées, de pousser le couteau posé à terre et de le dissimuler sous un petit tas de sable, tandis que des pleurs coulent de ses yeux. Et le tueur professionnel d'être bouleversé, de comprendre que l'animal est un être sensible et pensant. Naturellement le mouton est épargné, et l'homme, pénétré d'horreur pour sa profession, et ne pouvant pas la quitter, préfère le suicide et se précipite du haut d'un rocher ; mais au lieu de s'abîmer dans le vide, il a acquis un des siddhis (pouvoirs merveilleux, surnaturels) et il vole dans l'air. Un ermite qui, pendant des années, a travaillé pour acquérir ce pouvoir s'étonne de l'injustice du sort qui accorde un tel siddhi à un homme comme le tueur. »

 

Moralité : une seule pensée de compassion pour les êtres est préférable à toute science. 

 

* Milarepa (1052-1135) est le plus célèbre des saints tibétains.

La manière parfaite et exemplaire dont il mit en application le contenu des doctrines du Mahâmudrâ et du Nâro Chödrug, aboutit à la fondation de l'école Kagyüpa, « transmission orale ».

La biographie de Milarepa, rédigée au XVe siècle, ainsi que les chants religieux qui l'accompagnent, constituent aujourd'hui encore l'une des grandes sources d'inspiration du Bouddhisme tibétain.

 

Image : Milarepa par Nickolai N. Dudka

 

Aphur Yongden a suivi Alexandra David-Néel dans tous ses voyages

Et même jusqu’à Digne, à la Maison Samten-Dzong.

 

Aphur (appelé aussi Albert par Alexandra ) accompagna l’exploratrice dans ses voyages depuis 1914 : il avait alors 14 ans.

Il était né au Sikkim le 25 décembre 1899 et va laisser sa famille pour suivre Alexandra ; il lui sera fort utile tout au long de ses voyages : « Aphur est assez doué pour les langues. En fait il en connaît cinq : le tibétain, l'anglais, l'hindi, le népalais et le dialecte lepcha. Il baragouine un peu de japonais maintenant, il se mettra vite au chinois. »

En 1925, il rentre en France avec Alexandra puis s’installe avec elle à Digne lorsqu’elle achète sa maison en 1928. Et en 1929 il devient son fils adoptif.

Entre 1937 et 1946, ils repartent encore tous deux en Asie.

Puis, ils s’installent définitivement à Samten-Dzong où il décède le 7 octobre 1955.

Ses cendres seront dispersées dans le Gange, avec celles d’Alexandra, par Marie-Madeleine Peyronnet.

 

Alexandra évoque très souvent Aphur dans ses récits car il lui fut très nécessaire et même indispensable : elle ne serait jamais parvenue à Lhassa sans l’aide de ce jeune garçon instruit et plein d’idées. Deux exemples le montrent (mais nous en donnerons d’autres).

 

 

 

 

 

Photographie extraite du livre d’Alexandra David-Néel,

Voyage d’une Parisienne à Lhassa, éd. de 1951 [coll. privée]

Lettre d’Alexandra à Philippe Néel, Pékin, 14 janvier 1918 Aphur quitte sa famille pour suivre Alexandra.

Tout le monde prédisait à Aphur les pires choses s'il ne m'abandonnait pas. Il n'en fit rien, conduisit le déménagement, l'emballage des caisses et m'accompagna. Arrivée à Gangtok, il me demanda d'aller dire adieu à sa mère. Je lui donnai 20 roupies pour elle - songe que le garçon ne touche pas de gages. C'était un maigre cadeau après ce qu'il avait fait. Chez lui, il trouva tout le monde en larmes, le suppliant de rester. Son frère aîné lui offrit de lui bâtir une maison et de lui trouver une femme pour qu'il s'établisse auprès d'eux sur leur terre commune. Aphur savait que, selon leur coutume, s'il s'en allait, il renonçait à sa part dans l'héritage de son père. Il aime sa mère aussi, et elle pleurait.,. Malgré tout, apeuré, tremblant de fièvre, il s'échappa de tout cela. C'était à la saison des pluies, une averse torrentielle roulait par les montagnes; sans doute pour se donner du courage, il s'était fait beau à sa manière arborant ma veste de soie rouge et noire qui fondait sous le déluge, il me rejoignit à la nuit. Je vis bien l'état dans lequel il était, je ne lui dis rien que : « Vas te changer et boire du thé chaud » Mais, ce petit sauvage qui se mourait de peur et jouait au héros me toucha. J'étais fort peinée de quitter le Tibet, et ce garçon avec qui je pouvais parler la langue de là-haut était tout ce qui me restait.

 

Lettre d’Alexandra à Philippe Néel, Pékin, 26 novembre 1917 : Aphur a une idée géniale tandis que les ressources d’Alexandra viennent à manquer.

Sachant que mes ressources se faisaient modestes, Aphur m'a entretenu d'une géniale idée à lui. « Voici, m'a-t-il dit, je vais prendre des élèves là-bas ; de jeunes garçons de parents riches à qui j'enseignerai l'anglais. Je vous montrerai la veille ce que je leur enseignerai le lendemain pour que vous le corrigiez ; ils me feront des présents, comme c'est l'usage, tantôt en nature - beurre, farine, riz - tantôt en argent et cela nous fera bien vivre puisque nous conserverons votre argent pour d'autres dépenses. » Cela m'a rappelé les prix de vertu : « Le domestique qui soutient son maître dans le besoin. » Je n'ai pu m'empêcher de rire, mais le garçon a son idée qui, du reste, pourrait devenir utile.

 

 

Aphur Yongden est l’auteur de plusieurs ouvrages dont  :

-La Vie surhumaine de Guésar de Ling, le héros thibétain, racontée par les bardes de son pays. Alexandra David-Néel, Aphur Yongden, préface par Sylvain Lévi, 1931

-Le Lama aux cinq sagesses, Lama Yongden, préface d’Alexandra David-Néel, Plon, 1935

-La Puissance du néant, roman tibétain, Lama Yongden, traduit et annoté par Alexandra David-Néel, Plon, 1954

-Dieux et démons des solitudes tibétaines, A. David-Néel, lama A. Yongden

-La connaissance transcendante d'après le texte et les commentaires tibétains, 1958, Alexandra David-Néel, Lama Yongden.

Photo site de la BNF, 1933

RÉOUVERTURE !


 

Le mardi 26 mai 2020

L’Espace Alexandra David-Néel ouvre à nouveau ses portes.

5 Bd Thiers, Digne-les-Bains


 

Votre librairie-boutique sera à nouveau ouverte à tous aux jours et horaires habituels. En attendant, nous mettons tout en place pour vous accueillir dans les meilleures conditions et sans risque de contagion

 

Vous y retrouverez tous les ouvrages édités d'Alexandra David-Néel et sur la grande exploratrice ; des livres autour du voyage et des voyageurs, le bouddhisme, les philosophies orientales. Mais aussi statues, bijoux, vêtements, tapis... provenant du Népal et de l’Inde.


 

Au plaisir de vous y retrouver !

Et pour ceux qui sont loin de Digne, n’oubliez pas notre vente en ligne :

http://www.boutique-tibetaine-alexandra-david-neel.com/

La Maison Alexandra David-Neel, située au 27 avenue Maréchal Juin à Digne les Bains, a ré-ouvert ses portes le 12 juin 2020.

 

Pour connaître les jours d'ouverture et les tarifs : Infos

Il faut reserver pour visiter la maison, appelez au  04 92 31 32 38

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